Cultes

Toh-Argan

Histoire: 

Lorsque les servénors mettent pour la première fois le pied sur Illergan, au cours du Premier Âge, ils sont faibles et peu nombreux. Ils tentent de dompter les nouvelles terres qui s'offrent à eux mais se heurtent rapidement et violemment aux élémentaires, créatures nouvelles pour eux. N'ayant ni la force, ni les moyens de lancer une guerre contre cette engeance, les servénors décident sagement de respecter les élémentaires et d'apprendre à vivre avec eux. Cette philosophie porte ses fruit, et les servénors se rendent vite compte que les élémentaires, loin d'être des bêtes sauvages, tolèrent la présence des nouveaux venus à condition qu'ils respectent l'intégrité de leur domaine. Enfin, lorsque des chasseurs aperçoivent pour la première fois un Titan, les sages servénors déclarent presque unanimement qu'il s'agit d'un Dieu et qu'il faut le vénérer afin de garantir la sécurité des clans. Le culte des Titans, aussi appelé "Toh-Argan", est né. Il s'agit essentiellement de la conversion des traditions et des mœurs de l'époque en véritable religion, mais le culte apporte aussi une relation particulière entre les Titans et les "tohistes". Le Toh-Argan croît très rapidement au sein du peuple servénor, et il restera leur culte principal pendant des millénaires. De plus, pendant le Second Âge et notamment après la Reconquête au cours de laquelle les servénors se sont distingués, des milliers d'êtres de toutes les espèces se convertissent au Toh-Argan, rendant ce culte majoritaire en Illergan, comme c'est toujours le cas aujourd'hui.

Sanctuaires: 

Certains clercs tohistes décident de s’installer, et d’ouvrir leur demeure à tous ceux désirant leur compagnie ou leurs conseils avisés,qui n’ont que rarement à voir avec leur croyances religieuses . En effet, les tohistes ne sont pas hostiles envers les membres des autres religions, ils considèrent simplement que ces gens sont « aveugles » car ils adorent des dieux lointains alors que devant leurs yeux vivent les titans, ces êtres si puissants, sources de toute vie. Ce que l’on désigne comme « temple tohiste » tient donc généralement plus de l’auberge tranquille que du temple, et les « prêtres » ont plus des allures de sages du village que de quoi que ce soit d’autre. Il arrive que plusieurs de ces « prêtres » se regroupent pour former un immense lieu d’accueil, généralement très apprécié des locaux. Suivant les régions, il est fréquent que ces temples servent d'école publique, d’hôpital, d'orphelinat, de thermes, bref de lieu d'accueil pour les démunis.
Les prêtres de ces lieux vivent donc généralement assez facilement de la générosité des habitants, qu’ils complètent souvent avec un potager dont ils s’occupent avec amour. S’il s’agit de lieux accueillants et tranquilles, il vaut mieux cependant éviter de briser la quiétude de ces lieux. En effet, les tohistes n’auront aucune retenue envers quelqu’un qui les aurait agressé ou aurait essayé de piller leur demeure. Ou même de quelqu’un qui aurait malencontreusement marché sur leurs plans de tomates.
Quand ces "temples" sont d'une certaine taille, on y retrouve cependant quelques constantes. Premièrement, ils disposent toujours d'un jardin très entretenu disposant de nombreux recoins, permettant aux fidèles d'y prier en paix. Deuxièmement, ils sont souvent construits à partir d'éléments naturels (creusés dans une grotte, utilisant des arbres comme piliers, etc). Pour finir, ces temples disposent d'une "salle de purification". Il s'agit concrètement d'un sauna, et la tradition veut qu'on y entre avec un tsaan de flammes actif, pour conserver la chaleur et aider à l'évaporation. Le sol est recouvert d'eau et de pierre, et ces salles sont souvent remplies de plantes tropicales. Un tohiste va dans cette salle quand il a besoin de réfléchir seul (la parole est interdite dans ce lieu). Dans cette salle, les tohistes arrivent à atteindre une sorte de transe les reliant à tous les éléments naturels de ce microcosme, leur permettant de se purifier le corps et l'esprit, et de clarifier leurs pensées et objectifs.

Structure cléricale: 
Le culte tohiste a cela de particulier qu’il n’a aucune organisation cléricale ni aucune réelle unité. C’est un culte par nature très personnel. A peu près n'importe qui peut s'auto-déclarer "clerc tohiste", aucune organisation ne viendra vous demander votre diplôme. Cependant, les autres tohistes ont tout à fait le droit de refuser de vous considérer comme tel s'ils estiment que vous n'en êtes pas digne. Les gens se déclarant du clergé tohiste cherchent généralement à aider leurs pairs, tohistes ou non, et à aider la nature en difficulté. Ils sont la plupart du temps nomades, seuls ou en groupe. Il est donc fréquent de voir des tohistes arpenter le monde en prodiguant conseils et aide à ceux qui en ont besoin. Lorsqu'un groupe de clercs se forme, il arrive souvent qu'une hiérarchie informelle apparaisse, comme dans tout groupe. Il y a donc une notion de "grade", mais qui reste parfaitement informelle et basée sur le respect inspiré par le supérieur, et non pas par une obligation hiérarchique. Tout le clergé tohiste fonctionne ainsi, par le respect que chacun inspire aux autres. Les tohistes s’appellent par leur prénom, sans utiliser de titre ni même de noms de famille. Cependant, lorsqu'un tohiste est reconnu par ses pairs comme un héros du culte, ces derniers le nomment en accolant "-Argan" à la fin de son prénom.
Rituels: 

Les fidèles de Toh-Argan sont très respectueux de la nature et des élémentaires. Cela n'empêche que si un arfayt ou même un titan s’attaque à des tohistes, ceux-ci défendront chèrement leur vie et ferons tout pour écarter le danger. Les fidèles font simplement tout leur possible pour que ce genre d'affrontement n'arrive jamais, tout en restant conscients qu'un élémentaire est dangereux par nature. Lorsqu'ils exploitent la nature (bois, minerai...), ils le font en respectant des règles strictes de préservation de l'environnement, et ils font très attention à ne jamais rien gaspiller et à ne pas prendre plus que ce qui est nécessaire.
Les prières que les tohistes font ne sont jamais pour demander à leurs divinité de leur donner des biens matériels. Il peut s'agir de deux choses : remercier la nature de sa générosité, ou prier les titans d'accorder au fidèle les qualités nécessaires pour qu'il règle son problème lui-même. Dans de plus rares cas, le tohiste peut décrire comment une personne ou un groupe de personne détruit la nature, et souhaiter qu'un titan s'occupe de ces gens peu concernés par l'écologie.
Les offrandes tohistes sont quelque peu particulières. Lorsqu'un tohiste est seul dans la nature pour prier, il ne fait généralement pas d'offrande. Cependant, il est fréquent qu'il prie en enterrant la carcasse d'un animal décédé, ou en nourrissant la faune locale (quand elle est pacifique). Dans un temple, les offrandes sont complètement dissociées des prières. Aucun prêtre tohiste ne demandera quoi que ce soit pour offrir ses conseils. Il est cependant bien vu de donner quelque chose au temple, puisque les prêtres ne vivent que de la générosité des fidèles. Bien souvent, les fidèles vont offrir quelque chose sans rien demander en échange, et ce système convient très bien à tout le monde, car il n'y a aucune obligation : c'est un système vu comme "naturel" : parfois la nature fournit, parfois elle prend. Une offrande tohiste peut être absolument n'importe quoi qui soit utile (ou agréable) aux prêtres : nourriture, outils, graines, œuvres d'art, plus rarement de l'argent. Ces offrandes peuvent même prendre la forme de services, comme de l'aide à la construction d'un agrandissement du temple, ou à la récolte/plantation du potager du temple.
Il y a des jours saints tohistes, toujours reliés à un événement naturel. Les changements de saison en font partie et sont communs à la plupart des tohistes. Ensuite, les grands évènements dits naturels (éruption, inondation, séisme, ouragan...) étant la volonté des titans, la date d'une telle catastrophe devient un jour saint pour les tohistes locaux. Selon les régions, les jours saints des tohistes sont donc complètement différents, et surtout plus ou moins nombreux.